• Christel Engström

Dorian Gray, producteur et artiste complet, une renaissance qui frappe fort


Après une longue période d'absence, Soren aka Dorian Gray nous revient avec un nouveau single doublé d'un clip tourné à l'Opéra National de Montpellier, single d'une grande force auditive et visuelle, qui signe un renouveau pour l'artiste. Interview...



Bonjour Dorian, bien qu’il nous suffit d’aller faire un tour sur Wikipedia pour connaitre ton palmarès incroyable, entre ta carrière de producteur et d’artiste, peux-tu nous raconter ton parcours à ta manière pour les lecteurs qui te découvrent ? 


Bonjour CMC Studio ! C’est gentil ça, même si mon Wikipedia perso n’est pas complet et qu’il ne couvre pas mon projet solo sous le nom de Dorian Gray. Me demander de raconter mon parcours est risqué car il est assez tumultueux et modestement déjà très fourni. Je suis né au sein de trois cultures, suisse, américaine et allemande, j’ai donc trois langues maternelles et ça se bouscule dans ma tête. J’ai commencé par la batterie vers l’âge de 8 ans et ai eu mon premier contrat professionnel en tant que batteur à 18 ans ; je suis parti en Italie tourner 3 mois avec une chanteuse nationale populaire, j’ai connu l’Italie de Venise à Syracuse c’était dingue ! Ensuite tout en écumant les groupes de musique complexe comme le rock progressif je me rendais bien compte que j’avais dans ma tête des mélodies et 1000 idées à la seconde et que la batterie ne me suffisait pas. Je me suis mis au piano de manière spontanée et autodidacte en dépoussiérant le piano que mon papa avait abandonné et qui servait de bibliothèque au salon, forcé par sa maman qui, alors qu’il devenait trop bon, voulait qu’il se concentre sur ses études, la vieille école, une autre époque.. Au bout de quelques jours j’avais composé ma première mélodie et depuis ai accumulé des centaines de chansons, peut-être 1500-2000, c’était donc ma vocation. Viré de la scolarité à 17 ans sans aucun diplôme en poche j’ai enchaîné les petits boulots mais sans succès, c’est dire (lol), je me suis retrouvé à faire animateur radio et puis cela a duré plus de dix ans. En parallèle, mon premier « diplôme » fut d’avoir été l’un des plus jeunes auteur-compositeurs de l’histoire de mon pays natal la Suisse d’une chanson qui a représenté mon pays au Grand Concours de l’Eurovision. Vous l’aurez remarqué je fais volontairement l’impasse sur les dates et les noms, c’est le mystère Dorian Gray qui ne vieillit pas comme chacun le sait. Je me suis aussi découvert un don pour repérer le talent chez les autres, il me passionne plus que le mien, c’est ainsi que j’ai découvert celui de l’artiste britannique Duffy ! Je l’ai rencontrée avant sa majorité et l’ai coachée artistiquement et vocalement, une autre de mes spécialités et nous avons composé la somme de presque cinq albums ensemble ! Il est moins drôle de raconter qu’elle aura vendu 10 millions d’albums sans moi quelques années plus tard, les anglais ne faisant pas dans la dentelle en matière de suprématie dans le métier, je n’avais aucune chance face aux Majors britanniques et leurs avocats. Un coup dur qui a participé à forger mon caractère au sein d’une industrie sans pitié et préférer mes compatriotes américains qui contrairement aux anglais valorisent la différence et s’y intéressent avec un opportunisme sain et créatif. Mon histoire avec la France s’est faite par intermittence, j’y ai tenté un projet solo en français mais trop tôt, je n’étais pas prêt à passer de l’arrière-scène au micro.. J’ai préféré collaborer avec toutes les maisons de disques de la place au moment des grandes heures de la Star Academy et de la Nouvelle Star et ai signé un ou deux singles de jeunes talents aspirants. C’est à ce moment-là que j’ai rencontré mon ami et collaborateur, l’auteur à succès Jérôme Attal avec lequel j’ai créé une comédie musicale en 2017 prête à l’emploi. Je me rends compte que je n’ai même pas encore abordé le sujet de l’interview, je vais écourter ! Bref, il y a quelques années l’un de mes amis musiciens et avec lequel nous avons l’habitude d’être cash sur la créativité de l’autre, semble troublé par mes nouvelles maquettes et me demande si c’est bien moi qu’il écoute. Troublé moi aussi par sa question je lui explique, sachant que je sors d’une relation qui a très mal fini, que j’ai cette dizaine de chansons que j’ai composée en quelques jours et que je cherche une voix pour les interpréter. Mon ami me répond que j’ai trouvé la voix et je lui dis que non justement je la cherche, à quoi il répond avec insistance que je l’ai trouvée ! Sur le moment je ne comprends pas, ce dernier me demande qui chante sur les maquettes, je luis réponds que c’est moi à quoi il répond : « Justement tu as trouvé la voix » et d’ajouter que si je ne chantais pas ces chansons en sortant un album il ne serait plus mon ami ! Ne voulant pas le perdre je me suis mis au travail et quelques jours après je me suis retrouvé chez le producteur du groupe Queen à Montreux, pour des raisons trop longues à expliquer ici et qui a complètement craqué sur ces mêmes maquettes ! je me suis pincé au milieu d’une maison où j’ai compté pas moins de 200 disques d’or tapissant tous les murs avec un britannique (décidément) qui s’étonnait que j’avais tout écrit composé joué et produit. Ce fut le déclic, en quelques jours j’étais devenu malgré moi un chanteur solo mais on fait comment au fait ?

Tu as choisi un nom d’artiste, Dorian Gray,  plutôt atypique et qui signe un gros partis pris. Pourquoi ce nom d’artiste alors que ton nom d’origine sonne déjà plutôt bien? Et pourquoi celui-ci ? 

Pris au dépourvu j’ai cherché un nom autre que le mien, malgré le fait, oui, qu’il sonne bien, pour me cacher derrière comme les plus grandes stars et continuer à œuvrer en tant que compositeur-producteur sous mon vrai nom. Un autre ami musicien et très très littéraire m’a dit : « Dorian Gray, ça te va trop bien toi qui brouille les pistes avec ton âge » ! J’ai dit ok ça sonne bien et me suis ensuite rappelé le roman d’Oscar Wilde, un génie, encore un anglais lol.



Pardon, mais nous ne pouvons pas éviter le rapprochement vocal et artistique, voir physique avec un certain Brian Molko du groupe Placebo. C’est une ressemblance qui te dérange, que tu cultives ou qui t’indiffère ? 

C’est fou, ça n’est pas la première fois qu’on me fait cette remarque et de toute manière si ça n’est pas Molko ce sera le chanteur de Muse ou Marilyn Manson j’ai l’habitude. Maintenant je vous propose de prendre une photo de ces personnages et la mienne puis de comparer, vous verrez qu’à part certains contrastes entre les cheveux noirs et une peau blanche ils ne pourraient, tous autant qu’ils sont, même pas être des lointains cousins ! Dans les années 50 on voyait une blonde on lui disait : « Hey Marilyn Monroe »… Croyez-le ou non, je n’ai jamais écouté de près ou de loin l’une de ces références musicales et pour certains je n’avais jamais identifié leur musique, c’est la stricte et honnête vérité. C’est plutôt après avoir été comparé à eux que je me suis posé la question au sujet d’un changement de look.

Parlons de ta toute nouvelle sortie « Nothing in Return ». Ce titre semble parler d’une renaissance suite à un parcours difficile… Peux-tu nous en dire plus sur le message du single ?

Je dois ce magnifique texte à double lecture à ma co-parolière californienne de San Francisco Adina Pernell, nous célébrons cette années nos dix ans de collaboration (ça y est j’ai lâché un chiffre). Après une vie sans avoir connu les hôpitaux ni aucun drame qui m’y aurait conduit, bah je m’y suis retrouvé après un surdosage de cortisone ! En 2017, quelques jours avant mon anniversaire j’ai d’un coup d’un seul été frappé par d’horribles sifflements dans les oreilles, je suis devenu à moitié dingue. Mon médecin de famille était en vacances et je suis allé consulter des spécialistes en acouphènes qui dans le doute d’acouphènes auditifs m’ont bourré de cortisone, une technique qui se révèle efficace dans 95% des cas mais pas dans le mien pour deux raisons. D’une Je ne souffre pas d’acouphènes acoustiques paradoxalement avec le fait que je suis musicien mais d’acouphènes neurologiques, un mystère pour la science. A tel point que l’on a plus de chances de guérir d’un cancer que de cette horreur que je dois supporter H24 jusqu’à la fin de mes jours. De deux car je suis le patient sur des milliers qui a fait une allergie à la cortisone au point de frôler la mort à plusieurs reprises, j’ai jamais autant morflé et je ne savais pas qu’il était possible de souffrir autant, même dans les films ! J’ai mis plus d’un an à réapprendre à vivre avec ce handicap et j’ai bien cru ne jamais refaire de musique que j’avais arrêtée pendant ces mois d’horreur. Mon psy m’a sommé de reprendre la musique qui coule dans mes veines depuis toujours, seule antidote à une vie que je croyais foutue, tant on m’a parlé de dépression voire de suicides quand on souffre de ce mal. Je veux en profiter pour dire à tous ceux qui me lisent et qui souffrent de ce même parasitage constant – et à un niveau très élevé avec plusieurs sifflements différents en même temps – que l’on peut apprendre à vivre avec, certes plus jamais comme avant mais c’est possible j’en suis la preuve vivante !


Clip Dorian Gray

Le clip, signé Liv Weiss, possède une ambiance bien particulière, à la fois dramatique, mystérieuse et grandiose. Que souhaitais-tu faire ressortir pour ce clip ? Comment l’as-tu exprimé à Liv ? Comment s’est passé le tournage ?

Liv fut l’une des premières personnes à répondre à une annonce concernant la recherche d’un/e vidéaste pour mon clip postée sur la page Facebook de la maquilleuse et actrice principale du clip, Emma Colors qui avait croisé Liv dans un festival de métal quelques années auparavant, elles étaient restées connectées. Bien que je ne sois pas particulièrement assimilable au genre métalleux à proprement dit, l’univers de Liv m’a plu ainsi que sa spontanéité, nous nous sommes immédiatement entendus et tout le projet s’est fait sans aucune anicroche. J’ai donné carte blanche à Liv, habitué à tout contrôler par le passé je me suis dit que je pouvais lui faire 100% confiance et je ne me suis pas trompé et ai même été surpris et il est difficile de me surprendre ! Le fait d’avoir obtenu miraculeusement, enfin grâce à la pugnacité de Liv, l’autorisation de tourner dans l’Opéra National de Montpellier a d’emblée donné cette tonalité au clip. L’édifice a été achevé en 1888, exactement au moment où Oscar Wilde écrivait son œuvre absolue « Le portrait de Dorian Gray », cela ne pouvait pas mieux tomber, je n’en reviens toujours pas !




Maintenant que le single est sorti, ou souhaites-tu amener ton projet musical ? Quels sont tes projets futurs ? 

En fait, sans jouer les blasés, j’ai tellement vécu de trucs fous avec ce projet que pour moi tout est bonus aujourd’hui. J’ai eu la chance de voir émerger un public de fans hardcore comme on dit, super fidèles et dédiés, j’ai obtenu la reconnaissance d’artistes qui m’ont influencés. Au point où un jour un certain David Hallyday m’a écrit via les réseaux sociaux, tombé sous le charme de mon travail et s’est proposé de devenir mon batteur !!! Depuis nous sommes restés amis et il n’est pas impossible que nos chemins se croisent à nouveau artistiquement.

Toi qui as une vision de l’industrie musicale internationale, peux-tu nous en donner  ton impression ? De quoi le monde de la musique, française et/ou européenne, et/ou internationale aurait besoin pour exister d’avantage ?

Je ne pense pas avoir une autorité en particulier pour donner une réponse définitive à des questions aussi graves au vrai sens du terme français, en revanche pour la première fois j’ai senti une menace à mon intégrité artistique au moment de la sortie de la chanson Despacito de Luis Fonsi. Je me suis figuré la musique comme la politique avec des courants et des formes de pensées qui mènent à faire des choix et motivent un style de vie. Luis Fonsi est politiquement mon adversaire, il représente l’envers de mon décor, la vulgarité des corps face à l’érotisme littéraire dont je suis pétri. Alors que j’ai appris à écouter la musique les yeux fermés dans le noir parfois jusqu’aux larmes mélancoliques, ce courant latino-vulgaire impose le Twerk et le Booty Shake à des yeux écarquillés pétris de bas instincts, la musique est passée des émotions au divertissement crasse via ces courants de musique chaloupée pleine de soleil et de Club Med. C’est un aficionado des musiques noires et du jazz brésilien qui vous parle et dont le père s’est remarié avec une femme argentine se retrouvant aux cours de Tango hebdomadaires. Non là nous parlons d’autre chose dont Monsieur Fonsi n’est que l’emblème métaphorique d’une décadence bien loin de celle de la fin du 19ème siècle et des soirées libertines de Mylène Farmer. Sortir à nouveau de la musique sous Dorian Gray et peut-être remonter sur scène relève pour moi du combat et du militantisme artistico-politique et je l’assume.

Un dernier mot ? Message ? Ressenti ? 

Lisez ou relisez « Le portrait de Dorian Gray » pour connaître le vrai sens de l’ambiguïté et de la luxure, lisez ou relisez Baudelaire, Rimbaud ou Verlaine pour connaître le vrai sens du ressentiment amoureux. Enfin pour m’en tenir aux références françaises, découvrez ou redécouvrez Daniel Balavoine, peut-être le Baudelaire du 20ème siècle mais qui comme beaucoup aura dû quitter ce monde pour qu’un jour on se rende compte de son talent. Ce grand Monsieur a écrit ce que je pense à son sujet : « L’absence a des torts que rien ne défend », après ça il est dur de se relever ! Mon message s’adresse aux artistes aspirants : N’écoutez que votre cœur et créez avec vos tripes et non selon un modèle du moment, il y aura toujours quelqu’un pour vois dire : « Tu aurais dû faire comme ci ou comme ça » mais passez votre chemin. « La mode se démode, le style jamais » -Coco Chanel



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