• Céline Magnano

Le streaming dépasse les revenus des ventes physiques en France pour la 1ère fois


Pour la première fois dans l’histoire de la musique, les revenus du streaming en France ont dépassé ceux des ventes physiques en 2018. Alors qu’il y a encore quelques années les produits disponibles en magasin comme les CD et vinyles représentaient la quasi-totalité des recettes pour les acteurs de l’industrie musicale, la situation a désormais bien changé.


L’évolution du marché numérique de la musique

Apparu dans les années 2000 à travers de petites sociétés comme MySpace, Youtube ou encore Soundcloud, le streaming musical n’a pas de suite été pris au sérieux par les principaux acteurs de l’industrie de la musique. Après de nombreuses années et une crise du disque française impressionnante, le secteur musical a désormais bien évolué.

Après une forte tendance au téléchargement, les utilisateurs optent désormais en masse pour un abonnement à leur musique préférée en streaming. Complètes, moins chères, dotées d’interfaces simples d’utilisation et avec plus de choix de titres, les offres premium des plateformes d’écoute ont déjà séduit près de 6 millions de français.

Ce qu’on peut considérer comme un service de « location musicale » est ainsi de plus en plus populaire, avec près d’un consommateur de musique sur deux (46%) utilisant un service de streaming audio aujourd'hui.


La répartition du chiffre d’affaires du marché musical

Pour la 3ème année d’affilée en France, le marché de la musique a légèrement progressé, avec une croissance d’1,8% en 2018, pour atteindre désormais 735 Millions d’euros. Ces résultats démontrent le retour de la consommation licite de musique, notamment à travers de nouveaux modes d’écoutes comme le streaming.


Cependant, la taille du marché musical n’est plus comparable à celle des années 2000… Pour cause : le chiffre d’affaire de la musique aujourd’hui équivaut seulement à 40% du marché d’il y a un peu plus de 15 ans.

Comme expliqué précédemment, cette progression est expliquée en partie par les revenus en pleine expansion apportés par les plateformes d’écoute en ligne comme Spotify, Deezer ou Apple Music. Le chiffre d’affaires de ces nouveaux acteurs réalise désormais 57% des ventes globales de musique. En seulement 10 ans, l’évolution des modes d’écoute a totalement changé. En effet, en 2008, les ventes physiques représentaient encore 83% des revenus du marché.

Les ventes de CD, une exception française

Si le streaming continue de gagner du terrain et de convertir de plus en plus d’auditeurs, le CD continue d’être consommé en France à une échelle non négligeable, contrairement à la plupart des autres pays occidentaux. Le certain attachement au support physique couplé à un réseau solide de plus de 4000 points de vente permet aux ventes de CD de représenter encore aujourd’hui plus d’un tiers des revenus du marché français.


Les ventes physiques peuvent aussi compter sur le retour du vinyle, avec un fort enthousiasme des auditeurs de musique pour ce support d’écoute en 2018. Ainsi, 4 millions d’exemplaires ont été écoulés l’année dernière, soit une multiplication des ventes par 5, en cinq ans ! Il représente ainsi un cinquième des ventes de supports physiques, malgré son coût important par rapport au CD qui pourrait freiner à l’achat les consommateurs.

L’exemple le plus frappant du maintien du support physique est sans aucun doute l’album posthume de Johnny Hallyday, écoulé à 1,5 millions d’exemplaires en 2018. Réalisant ainsi la prouesse de se hisser à la 5ème place des meilleures ventes mondiales d’albums, le dernier projet du rockeur préféré des Français a favorisé la vente de supports physiques. D’après Olivier Nusse, PDG d’Universal Music France et président du SNEP : « sans Johnny, le marché physique aurait baissé de 5 % de plus ».

Mon pays c’est l’amour, certifié disque de diamant en 3 jours et désormais vendu à plus de 2,2 millions d’exemplaires, a aussi réalisé l’exploit de dominer les ventes de vinyles, avec 80 000 exemplaires écoulés en 2018.


Le streaming, véritable moteur de la croissance de la musique

Avec une hausse de 26%, le streaming représente réellement le moteur du développement de ce secteur. Malgré une baisse de 15% des ventes physiques et de 20% du téléchargement, le streaming arrive en effet à tirer la croissance du marché vers le haut. Tout cela grâce à une hausse de 23% des revenus des abonnements premium, et de 39,4% pour les recettes liées à la publicité du streaming audio et vidéo sans abonnement.

Pour la première fois dans l’histoire de la musique en France, le streaming devient donc la 1ère source de chiffre d’affaires de la musique enregistrée. Si la rémunération des artistes peut être questionnée, ces chiffres représentent tout de même la preuve de la réussite commerciale de ce nouveau système d’écoute.

Enfin, la pratique du streaming n’est pas réservée aux plus jeunes contrairement à ce qu’on pourrait penser. D’après le SNEP, 30% des utilisateurs de ces services ont désormais plus de 50 ans. L’essor de ce mode d’écoute est donc incontestable et en phase de devenir intergénérationnel. On a d'ailleurs recensé en 2018 près de 60 milliards de streams audio, avec des pics estimés à 1,3 millards par semaine fin Décembre.

Répartition du marché français de la musique en 2018


La zone d’ombre du « Value Gap », obstacle à la croissance

Au sein de son dernier rapport, le SNEP explicite enfin la problématique du "Value Gap". Ce terme désigne le transfert de valeur qui s'est creusé au fil des années entre les artistes : créateurs de contenu, et les hébergeurs de ces contenus comme Youtube.

En effet, le streaming musical vidéo représente plus de la moitié du temps d'écoute des Français, mais ne compte que pour 11% des revenus du streaming ! On constate donc un gigantesque écart entre la rémunération offerte par Youtube, qui représente presque à lui seul le streaming vidéo, et celle d'acteurs comme Deezer ou Spotify.


Pour pallier à ce problème, la majorité des acteurs de l'industrie musicale fait pression sur les pouvoirs publics afin de légiférer un texte encadrant davantage les pratiques de l’hébergement vidéo : l'article 13 de la proposition de directive européenne sur le droit d'auteur.

Après plusieurs années de débat, cet article polémique sera examiné une nouvelle fois au Parlement Européen à la fin du mois. S'il il se trouve être adopté, une plateforme d'hébergement vidéo comme Youtube devra alors négocier des accords de licence auprès des créateurs et producteurs.

Pour accéder au dossier du SNEP sur le bilan 2018 de la musique enregistrée, cliquez ici.

Pour plus d'informations sur les acteurs de l'industrie musicale, retrouvez aussi notre article : "Répartition d'une vente d'album - Quelle rémunération pour l'artiste ?"

Sources :

SNEP

GFK

IFPI

20 minutes

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