• Christel Engström

INTERVIEW : SAAM, une plume nouvelle, une musicalité certaine...

Mis à jour : 15 mai 2019

Pourtant assez critique sur les chansons à texte, c'est avec une certaine surprise que nous sommes tombés sous le charme de Saam, cette voix grave et de cette plume mélodieuse et recherchée. Enfin un artiste français sachant jouer des mots et du sens tout en délicatesse. C'est avec grâce que nous vous laissons vous imprégner d'un artiste nouvelle scène par excellence :




Peux-tu nous raconter ton parcours et comment en es-tu arrivé à ce style chanson à texte nouvelle scène française?


Mon parcours musical est le suivant: je suis né en 1972. J'ai commencé le solfège et la flûte à bec (à l'époque on faisait les deux en même temps, c'était plus ludique) puis le violoncelle à l'école de musique de Bruay-la-Buissière (Pas-de-Calais) vers l'âge de huit ans. Ensuite, on a déménagé à Arras. J'ai continué le solfège et le violoncelle au conservatoire mais l'ambiance n'était plus la même: élitisme voire tyrannie! Plus tard, à cause des horaires, j'ai du choisir entre les entrainements de foot et les cours de violoncelle; la décision n'a pas été difficile à prendre. J'ai préféré les retournés acrobatiques aux suites de Bach...

Au collège, un copain de classe me dit: « Je viens de me monter un groupe de chansons françaises un peu rock avec mon frère et d'autres amis, je suis à la basse, viens nous voir en répétition ». Ça a été une révélation. Il y avait deux guitaristes (deux amis), je me suis dit: je veux faire comme eux! Une fois rentré chez moi, j'ai attrapé la vielle guitare classique de ma mère (qui datait de sa première communion et qui somnolait dans son étui, la guitare, pas ma mère) et j'ai commencé à grattouiller. J'ai ensuite pris des cours particuliers de guitare électrique et j'ai intégré le groupe de mes amis, « Bool Kiès », comme guitariste. On a fait de belles scènes à Arras et une tournée de 15 jours au Québec. On n'était pas très bons mais on s'amusait et ça plaisait... C'était au début des années 90 (sic), j'ai composé quelques chansons pour le groupe mais jamais écrit une ligne de texte...

Plus tard je me suis installé à Paris (vers 1997). J'ai fait partie de plusieurs formations « chanson » ou « chanson pop-rock » comme guitariste. Je composais, co-composais ou arrangeais certains titres.

En 2003 j'ai découvert l'informatique musicale et les instruments virtuels. Ça a bouleversé ma vie! J'avais à disposition un batteur, un bassiste, un claviériste, j'en passe et des meilleurs, que je pouvais exploiter sans limites! J'ai passé des nuits à composer de la musique instrumentale, souvent nostalgique et introspective, qui aurait volontiers accompagner des images. J'ai d'ailleurs composé la musique de deux courts-métrages. Plusieurs de mes titres ont été pris en édition chez un éditeur spécialisé en synchronisation musicale. Je compte d'ailleurs casser le contrat car cet éditeur ne fait pas son boulot mais ça c'est une autre histoire...

Enfin, en 2013, j'ai fait le constat suivant: Samuel, ça fait des dizaines d'années que tu joues de la guitare mais si on te demande d'en jouer là maintenant, tu ne sais rien faire d'autre que de jouer des grilles de chansons ou des bouts de riffs qui ne tiennent pas la route tous seuls, j'ai donc décidé de m'orienter vers la chanson. C'était aussi un besoin physique. Le besoin de chanter. J'avais fait plusieurs stages de chant choral, j'en avais tiré un grand bien-être. J'ai commencé par des reprises de chansons (plutôt anglo-saxonnes d'ailleurs) et j'ai écrit et composé mes premières chansons en 2014. C'est tout frais! J'ai ensuite suivi le stage « chanson personnalisé » de la Manufacture Chanson à Paris puis pris des cours de techniques vocales à l'école Atla.


Il y a une grande mise en valeur des textes. On sent beaucoup d’humour et un brun de nostalgie. Peux-tu nous en dire plus sur ton style écriture?


Comme de nombreux auteurs j'imagine, j'ai commencé à écrire en faisant des pastiches: j'ai détourné des chansons de Georges Brassens, Christophe, Simon and Garfunkel... pour des baptêmes, des mariages, des anniversaires... J'y prenais beaucoup de plaisir et ça faisait rire la famille...

J'ai toujours aimé l'humour. J'ai été (un peu) bercé par Georges Brassens et j'ai beaucoup écouté les sketches de Coluche et surtout ceux de Pierre Desproges. J'aime l'ironie, la provocation et l'humour absurde.

En ce qui concerne la nostalgie, paradoxalement, j'ai toujours été plus touché par la musique triste. Je préfère le requiem de Duruflé aux tubes des Musclés... Plus sérieusement, j'ai beaucoup écouté de musique « nostalgique », dramatique et/ou progressive (Pink Floyd, Robert Wyatt et l'Ecole de Canterbury et plus récemment Anthony and the Johnsons, Sébastien Schuller, Bed, Cascadeur, Syd Matters, Pain-Noir, Dominique A...)



© Tito Kash



As-tu une équipe ou évolues-tu en autodidacte?


Je suis principalement autodidacte comme dans mon métier d'ingénieur du son et de monteur musique en postproduction audiovisuel. Tout ce que j'ai composé, je l'ai fait « à l'oreille ». Je connais cependant les fondamentaux de la théorie musicale que j'ai glanés pendant des stages ou des cours (j'ai suivi les cours de la classe de guitare jazz du conservatoire Erik Satie de Bagnolet pendant 5 ans, ça m'a fait prendre conscience qu'il me faudrait plusieurs vie pour devenir un guitariste de jazz mais ça m'a aussi donné des bases pour comprendre la structure harmonique d'une chanson).

En ce qui concerne l'écriture, je travaille seul (à l'exception d'une chanson que j'ai co-écrite avec une amie) et sans carcan jusqu'à présent.


T’inspires-tu de tes propres expériences pour écrire ? Quel message as-tu envie de faire passer?


Certaines de mes chansons sont directement inspirées d'expériences vécues mais ça n'est pas le cas de la majorité. Les autres ont pour thème des sujets qui m'amusent ou m'interpellent (l'autosuffisance, la procrastination, le complotisme, les processus de normalisation, le machisme, les promesses électorales, la montée en flèche des inégalités...). Ça n'est pas une volonté mais la plupart de mes chansons racontent des histoires. J'aime y incarner des personnages caricaturaux et outranciers.

Pour toutes ces chansons j'ai bénéficié de la chance du débutant: un matin, je me suis réveillé avec la première phrase ou le refrain accompagnés de leur mélodie dans la tête et la chanson était écrite en deux jours! Chaque fois que je me suis dit « je vais écrire une chanson », ça a été beaucoup plus laborieux... Depuis j'ai lu l'excellent livre de Claude Lemesle « L'art d'écrire une chanson » et j'ai compris que l'écriture, comme la guitare ou la technique vocale par exemple, nécessitait un travail quotidien... Malheureusement il n'y a que 24 heures dans une journée.

Le message que j'aimerais faire passer: sensibiliser les gens à certains sujets (ceux évoqués avant), le tout avec un peu d'humour et d'émotion.


Découvrez son tout nouveau titre "J'hésite":


Es-tu plus un homme de scène ou de création ? Sous entendu, passes-tu plus de temps à composer/écrire ou préfères-tu le live ?


En tant qu'ingénieur du son en postproduction audiovisuelle, j'ai passé 20 ans dans l'obscurité des studios. Ensuite, happé par la MAO, j'ai passé des nuits seul devant mon ordinateur à composer de la musique instrumentale et à maquetter mes chansons. Aujourd'hui, jai une quinzaine de titres à mon répertoire et je veux les partager en live. Depuis décembre 2018, j'ai écumé un grand nombre de scènes ouvertes parisiennes, j'ai joué dans le métro et participé à quelques co-plateaux. Je suis parti de très loin (pétrifié par le trac) mais aujourd'hui, le plus souvent je m'amuse sur scène et les quelques spectateurs qui m'écoutent aussi, enfin je l'espère!


Pour nos lecteurs qui sont pour la majorité eux-même artistes, quelle en est ton expérience? Arrives-tu à te promouvoir et tourner et quels seraient tes besoins?


Mon expérience (qui est assez courte) est que le retour sur investissement frôle la nullité. Un auteur-compositeur-interprète qui doit écrire, composer, travailler son/ses instruments, enregistrer ses démos, faire sa promo, trouver des dates, j'en passe et des meilleurs, et tout ça pour grappiller quelques euros au chapeau dans un bar parisien, a pas mal de raison de se décourager sauf à consommer des substances illicites. J'évite les substances mais mes nuits sont courtes. En même temps (houlà je dérape), la musique est vitale pour moi. Tant que j'ai de l'énergie j'y vais et ma famille me soutient (pour l'instant!). Mon projet a beaucoup avancé grâce à toutes les belles rencontres que j'ai faites lors des scènes ouvertes. J'ai rencontré des musiciens qui m'accompagnent à l'occasion et d'autres artistes avec lesquel(le)s je fais quelques co-plateaux. Je participe aussi à des tremplins, ce qui me fait rencontrer des professionnels. J'assure ma promotion via les réseaux sociaux ou les sms pour les concerts, ce qui est fortement chronophage. Je préfèrerais consacrer ce temps à la pratique instrumentale et à la création.

Mes besoins découlent directement de ce que je viens d'écrire. J'ai besoin d'un(e) attaché(e) de presse pour ma promotion et d'un booker pour trouver des dates de concerts dans des conditions correctes. Un éditeur qui fasse réellement son travail serait également le bienvenu...


Quels sont tes futurs projets ? As-tu des dates à nous communiquer?


J'ai la chance de bénéficier de plusieurs accompagnements artistiques. Dans ce cadre j'espère sortir un EP fin 2019 ou début 2020.

Voici mes prochaines dates:

15/05/2019: 1ère partie d'Elise Berthelier au Kibélé (12 rue de l'Echiquier, Paris 10ème).

23/05/2019: Co-plateau au Royal Onze (110, rue du Chemin Vert, Paris 11ème).

29/05/2019: Invité des "Chaises Musicales" de Camille Feist (Les Chaises, 33, rue de la Chine, Paris 20ème).

16/06/2019: Concert "Dandies de Grands Chemins" (co-plateau, L'Ogresse Théâtre, 4, rue des Prairies, Paris 20ème).

21/06/2019: Fête de la Musique (59220, Denain, programmation officielle).

22/06/2019: "La Belle Chanson #2" (co-plateau, La Belle Maison, 24 rue Malmaison, 93170 Bagnolet).

29/06/2019: "Concert privé" (62217, Achicourt).



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