• Céline Magnano

Streaming Musical et rémunération des artistes en 2018 : on fait le point.


Beaucoup d’artistes prétendent ne pas gagner assez d’argent grâce à leur musique sur les plateformes de streaming. Parallèlement, les différentes entreprises de streaming comme Deezer, Spotify ou Napster n’arrivent toujours pas à réaliser des bénéfices. Alors comment ces applications rémunèrent-elles l’industrie de la musique et ses acteurs ? La musique en streaming a-t-elle vraiment tendance à appauvrir les artistes ?


Le streaming, un moyen d’écouter de la musique en pleine expansion

Le streaming musical s’est imposé depuis peu comme le canal majoritaire d’écoute, dépassant pour la première fois les ventes de CD et vinyles au premier semestre de l’année 2017. Dorénavant, les gens achètent très peu de musique sous support physique. Ils préfèrent davantage souscrire à un abonnement mensuel qui leur permet en réalité de « louer » toute la musique qu’ils souhaitent écouter.

Ils ne disposent donc plus de musique de manière définitive, mais peuvent trouver dans leur bibliothèque musicale toutes les chansons qu’ils désirent, tant qu’ils continuent d’écouter de la publicité ou de verser une rémunération aux alentours de 10€ par mois.

Différents services de streaming et rémunération des artistes

La façon de consommer la musique a donc véritablement évolué au fil du temps. Cette évolution a ainsi permis à une multitude d’entreprises comme Deezer et Spotify d’exister et de se concurrencer depuis une dizaine d’années. Cependant, ces dernières ne rémunèrent pas de la même façon les artistes qui alimentent quotidiennement leurs plateformes. Rémunération dont les acteurs de l’industrie musicale se plaignent et qui fait de temps à autre polémique.

On se souvient par exemple du véritable « coup de gueule » de Taylor Swift en 2015 contre Apple Music. Elle avait réussi à faire plier la marque à la pomme souhaitant à l’époque ne pas verser de commissions aux artistes durant la période d’essai de 3 mois offerte par la firme aux utilisateurs. Régulièrement, de nombreux acteurs de l’industrie musicale relatent aussi ce manque de rémunération des services de streaming musical.

Mais comment l’argent issu de la publicité ainsi que des 100 millions d’abonnés payants est-il redistribué ?

Tout d’abord, les services de streaming rémunèrent de façon différente les artistes selon la politique de l’entreprise. Par exemple, Napster est le plus généreux et rémunère un artiste 0,0190 dollar par écoute, soit une commission 27 fois plus importante que celle qu’offre Youtube.

En bref, la moyenne des rémunérations des plateformes de streaming s’élève autour de 0,0050 centimes de dollar par lecture. Il faudrait ainsi 20 000 lectures d’un titre pour que le créateur de ce dernier soit payé 100€. Pour atteindre une somme de 1200€ correspondant environ au salaire minimum, il faut alors compter à partir de 80 000 écoutes pour Napster, et jusqu’à 2,1 millions de lectures pour une plateforme comme Youtube. On constate donc une énorme différence de rémunération entre des services qui semblent pourtant si similaires.


Le partage des revenus : un problème plus profond

Mais le souci ne réside pas forcément autour de cette rémunération, aussi mince soit-elle, puisque, comme le démontre l’infographie ci-jointe, la plupart des sociétés de streaming musical réalise encore des pertes, plusieurs années après leur lancement. Ces services ne récupéreraient en effet qu’entre 5 et 20 % des revenus issus des écoutes, ce qui justifierait leur situation financière actuelle dans un contexte de forte concurrence sur le marché mondial du streaming. Le problème concerne en fait le partage de ces revenus, qui pourraient constituer une véritable mine d’or dans les années à venir avec l’augmentation progressive de l’utilisation du streaming.

Car si les artistes ont beau blâmer ces services d’écoute, le partage de l’argent issu de ces plateformes est loin d’être équitable et pourrait représenter la réelle problématique. D’après la SNEP (Syndicat National de l’Édition Phonographique), on estime que ce sont les producteurs et les maisons de disque qui touchent la grande majorité des revenus issus du streaming. Lors d’anciens débats sur la rémunération des artistes, la société française Deezer avait d’ailleurs indiqué qu’ils représentaient « les victimes collatérales » d’un système qu’ils ne contrôlent pas.

En effet, une fois l’argent reversé aux ayants droits (très majoritairement les maisons de disque), les plateformes n’ont plus la main sur le partage de cette rémunération. De fait, ce sont les contrats qui lient les acteurs de l’industrie musicale qui déterminent le partage du butin, contrats d’ailleurs jugés « d’un autre temps » par l’ADAMI (Société civile pour l'administration des droits des artistes et musiciens interprètes).


Conclusion

Enfin, même s’il est certain que le streaming musical rapporte moins que la vente de CD ou de vinyles, il apporte plusieurs avantages non négligeables aux artistes.

D’abord, il donne la possibilité à toute personne de publier d’une manière relativement simple sa musique et ainsi de gagner éventuellement l’argent qui s’en rapporterait, à l’opposé de la vente de musique physique.

Ensuite, il permet aux artistes d’améliorer leur visibilité, grâce aux playlists qui les exposent régulièrement mais aussi par le système de recommandation automatique de musique. Cela augmente donc indubitablement leur nombre de lectures et leurs revenus, mais aussi la chance que de nouveaux auditeurs achètent les projets de l’artiste sous forme physique.

De même, la volonté de ces plateformes d’évoluer progressivement en véritables réseaux sociaux renforce l’idée que le streaming musical n’est pas qu’un simple moyen pour gagner de l’argent, mais peut représenter une alternative pour se faire connaître et augmenter sa popularité.

Pour en savoir plus sur les acteurs de l’industrie musicale et son organisation, retrouvez aussi l’article : ROYALTIES, ÉDITIONS, PRODUCTION, droits d'auteur : qui fait quoi? qui touche quoi et pourquoi ?

Sources : Information is Beautiful / SNEP / Adami

Rédigé par Fabien Boccheciampe pour CMC Studio

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